Un état et un espace en recomposition : la Russie

Introduction

La Russie a un territoire immense ;

Constitué depuis le 18e siècle par les conquêtes militaires (les rapports entre russes et peuples conquis sont souvent conflictuels ; les tentative d’émancipation ont été régulières : cas des baltes, de la Géorgie ou de l’Ukraine au 20e siècle))

tendance de l’état russe à l’autoritarisme, à la centralisation….

I – Un territoire de mise en valeur difficile en raison :

a – des données de la nature

- De fortes contraintes :

. Distances immenses à parcourir (environ 10 00 km d’ouest en est) ;

. Le froid (hiver plus long et plus froid vers l’est et le nord. Ce qui est dû à la position septentrionale du pays. Voir carte manuel p 313 n°9

. La montagne : surtout vers l’est, montagnes jeunes et élevées (5000m dans le Caucase,7000 dans le Pamir…). La montagne est plus difficile à mettre en valeur et elle accentue le froid (6 90 enregistré dans les monts Verkhoïansk). Carte p 306

. Un espace cultivable assez réduit par rapport à la taille du pays ; terres de qualité dans la partie sud Ouest du territoire. voir carte p 309.

. Le territoire comprend assez peu d’ouvertures sur la mer : les côtes sont immenses mais toutes la partie nord, polaire et largement glacée et d’usage difficile (la propagande soviétique autrefois insistait sur les navires brise-glaces à propulsion nucléaire qui ouvraient la voie aux cargos soviétiques…) photo p. 304.

voir carte manuel p. 308

- Des atouts cependant :

Des fleuves abondants : carte p 306 et autres, l’Ob, la Volga, L’Ienisséi, le Don, la Léna, la Kolyma. Quand il sont gelés , ils se transforment en route , avec panneaux indicateurs etc….

Des ressources énergétiques et minières immenses aussi voir carte p. 309

b- Une population inégalement répartie

Voir carte p 307

Forte densités à l’ouest ; vide ou presque à l’est ; notez les densités moyennes à l’est de l’Oural et le long de la ligne du transsibérien.

Cette population comptait en 1999 146 millions d’habts, avec une densité de 8,6 h/km2, donc assez peu.

Une population en majorité russe (75-80%) , mais de nombreuses minorités nationales (plus de 80 : les kalmouks, les simi, les iakoutes, etc…)

Cette population est installée dans la partie cultivable de la Russie et à proximité des bassins industriels du 19e siècle (Moscou, Petersbourg, Volgograd…) ; en revanche, elle est éloignée des zones riches en pétrole, gaz et autres ressources minières (en Sibérie).

D’où, l’effort constant de peuplement de l’est au 19e et 20 e siècles (sous les tsars et sous Staline, par déportation ou bien par incitation financière (dans les années 60, les salaires, les logements étaient meilleurs et plus faciles à trouver en Sibérie…)

Cette population reste encore malgré les difficultés récentes, une population scolarisée, formée (en maths, en langues, etc….).

II – Des difficultés accentuées par la reconversion

Depuis 1991, la Russie a rompu avec le communisme et a entamé sa « transition » vers le capitalisme libéral. Ce phénomène, politique, économique, social, a provoqué de nombreux bouleversements qui rendent la mise en valeur du territoire encore plus difficile. Quels sont ces bouleversements ?

a – Le territoire s’est modifié

- En 1991-92 le territoire soviétique a éclaté en 15 états indépendants (dont la Russie) formant la CEI (communauté des états indépendants). La Russie a ainsi eu de nouvelles frontières (avec tous les problèmes de réorganisation des infrastructures qui en découlent : oléoducs coupés, centrales électriques perdues, autoroutes et routes à dévier etc…).

Le sentiment d’enclavement est plus fort encore.

-D’où l’intérêt de la Russie pour tous les états périphériques et sa volonté de le retenir (de force) ou d’exercer une influence sur eux (Tchétchénie, Ukraine, Géorgie….).

b – Le changement de régime

- La Russie est passée de la collectivisation à la privatisation. Il reste malgré tout un secteur d’état encore important.

- Du fait de cette transition, beaucoup de personnes de classes moyennes se sont appauvries (salaires, fixes, ouvriers des usines d’état, fonctionnaires…) : le salaire n’était plus versé ou bien les emplois ont été supprimés.

- A l’inverse, certains ont réussi à profiter du libéralisme : apparition de nouveaux riches et de quelques milliardaires (comme R. Abramovitch, le proprio du Chelsea FC…)

- L’économie traditionnelle d’époque communiste s’est effondrée : il fut un temps où l’ex-Urss produisait des automobiles, des camions, des machines outils, des appareils photos etc…C’est fini. Aujourd’hui, la Russie ne produit plus grand-chose, elle tire sa richesse de ses exportations d’énergie, de matières premières, de produits semi-finis (la crise actuelle ne doit pas arranger ses affaires) et aussi de ventes d’armement. il subsiste un secteur aéronautique performant : avions, satellites, stations spatiales…

- Il y a eu effondrement des services sociaux, de la recherche, des universités, de l’éducation.

- Beaucoup de gens se sont débrouillés comme ils ont pu : retour à la terre, à l’agriculture, à la pêche, à la chasse etc….il en a résulté le développement d’une économie parallèle, parfois liée aux trafics mafieux.

c – L’affaiblissement de l’état

- Autrefois très fort et oppressif, l’autoritarisme de l’état s’est affaibli sur les régions comme sur les individus. Sous Eltsine (92-98), le pouvoir a été fortement décentralisé : de grandes régions ont été dirigés par des représentants choisis par le pouvoir central, ceux-ci avaient une grande marge de liberté. Le pouvoir de Moscou n’était plus aussi fort sur les régions les plus lointaines.

- Toutes les opinions, même les plus extrémistes ou les plus démentes , ont pu se donner libre court. Quantité d’actes interdits, autrefois contrôlés ont pu échapper à tout contrôle : pour ne citer que des choses bénignes, ventes d’objets d’art en Occident, d’archives par exemple, détournement de flux pétroliers, ….

- Avec Poutine, il y a eu tentative de renforcer le pouvoir central : les pouvoirs des gouverneurs régionaux ont été limités, et ces hommes ont été choisis directement par V. Poutine.

- Malgré cela, la Russie a perdu une partie de sa puissance, notamment son influence sur ses voisins immédiats.

d- Le déclin démographique

Les difficultés économiques ont eu des effets sur le dynamisme de la population : en 1998 l’accroissement naturel (différence entre natalité et mortalité) était de - 4,8 pour mille (un taux négatif !!!!).

L’espérance de vie est plus courte, le taux de mortalité est en hausse : la population vieillit et diminue lentement ( !!)

Les migrations internes ont changé de sens : elles vont aujourd’hui de l’est vers l’ouest, des campagnes vers les villes (certaines terres ou villages sont désertés et abandonnés), des régions pauvres vers les régions restées encore riches ; les inégalités entre régions pauvres et riches sont plus fortes qu’avant.

III – La réorganisation de l’espace russe

A – Les tendances depuis 1991

On constate la perte d’influence du « centre » sur l’ensemble du territoire : Moscou dirige moins qu’avant.

Certaines régions ont acquis de l’autonomie et sont plus ouvertes sur l’extérieur :

. Comme Saint Petersbourg et aussi l’ouest, qui ont accru leurs liens avec l’Europe , Vladivostok qui a noué des liens avec le Japon, pensez aussi à Kaliningrad (l’ancienne Königsberg, la ville d’Emmanuel Kant !! voir philo avec Mr Frantz), isolat qui cherche à attirer les investissements de l’Ouest et notamment allemands).comme sur les frontières, liens avec de la Tchétchènie avec les zones perses et turcophones, en outre, trafics nombreux.

Il y a eu repli des activités et de la population sur les régions les plus « rentables », abandon des régions de vie difficiles, mal reliées, éloignées, isolées (donc l’est sibérien).

B – L’organisation régionale

On peut distinguer sur le territoire russe plusieurs types de territoires (NB : cela s’appelle en géo « faire une typologie » et c’est un passage obligé vers le croquis).

a – Le centre autour de Moscou reste attractif

- Car les conditions de transports, de climats, d’équipements sont assez bonnes

- Ces régions sont ouvertes sur l’espace mondial et sur l’Europe de l’Ouest : elles concentrent et attirent les investissements étrangers

- Des activités de commerce, de haute technologie, des banques, du tertiaire supérieur (sièges sociaux, labos de recherche-développement…) y ont été développés.

- Tout cela est particulièrement marqué à Moscou (environ 10 millions d’habts), qui est le siège du pouvoir politique, qui accueille 40% des activités étrangères, où les salaires sont plus élevés qu’ailleurs ; la ville a développé de nouveaux quartiers (à gratte-ciels clinquants, prix très élevé du m2 , l’année dernière était sur ce plan la ville la plus chère du monde) ; Là-dessus, voir dossier manuel p 318-319

Même évolution pour les villes de la Volga : Volgograd, Samara, Novgorod. (voir quelques images sur internet par exemple)

b – Les régions périphériques se tournent vers l’Occident

Saint Petersbourg, ville portuaire (donc import-export), centre de haute technologie et de services, tourisme, contact également avec la Finlande.

Frontière ouest et Kaliningrad : nombreux contacts (plus ou moins légaux) avec la Pologne, Ukraine, Allemagne (il y a un gazoduc russo-allemand qui a fait parler de lui , il y a 2-3 ans)

Vladivostok : port autrefois militaire (durant la guerre froide, il le reste certainement aujourd’hui), mais aussi débouché des matières premières sibériennes exportées vers la Corée et le Japon)

autres régions qui marchent : Sverdlovsk (ville métallurgique dans l’Oural), villes pétrolières comme Perm, Oufa.

c – Le Grand Nord russe et sibérien sont abandonnés

En Sibérie et en extrème-orient, existent de grandes réserves de ressources naturelles ; mais le pouvoir n’est plus aussi fort (moins de commandes militaires, moins de primes de l’état) . D’où l’abandon des usines vieillies et obsolètes, des gisements les plus isolés.

Ailleurs que dans l’est du pays existent d’autres régions en difficultés : comme les campagnes où vit 27 % de la population et les régions caucasiennes à forte natalité.

En conclusion, on peut dire, pour résumer, que les activités et la population se rabattent sur l’axe du transsibérien, les grandes villes et autour de Moscou.

Sujets concernant la Russie repris de différents manuels

La Russie, un pays du Sud ?

La Russie dans le système –monde

La puissance de la nouvelle Russie

La Russie, un territoire en recomposition ?

(sujet donné par le manuel que nous utilisons avec , méthode et plan fourni p. 326))

Quelques amorces de traitement

Russie dans le système-monde

1 – Il faut analyser les termes du sujet :

- système-monde est une formule un peu ancienne pour « mondialisation »

- Russie = état actuel, fédération de Russie dans ses frontières de 1991.

2 – Quelques idées pour une introduction

Dire que ce pays, longtemps coupé du monde capitaliste, du fait du système soviétique qui rejetait l’économie de marché, a décidé de s’insérer dans le capitalisme ; de ce fait, vue son histoire ancienne et récente, sa place est particulière.

Préciser quel est depuis l’éclatement du bloc soviétique , le contexte international : domination américaine, extension des échanges internationaux, constitution de marchés régionaux ‘UE, Alena, …)

Le questionnement global (ou problématique) peut être : la Russie est-elle un acteur marginal ou bien un acteur de premier plan dans la mondialisation ?

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Je vous conseille de consulter sur l’article de Denis Eckert, « Les villes russes en révolution » sur le site Cafe-geo.net (excellent site de géographie). L’article n’est pas long, il est illustré de bonnes photos très bien commentées. il est toujours en ligne (j’ai vérifié).

Il y a d’intéressantes descriptions de la réalité russe dans le roman récent d’Emmanuel Carrère, un roman russe, 2007.

Entraînez-vous avec ce cours et le manuel à traiter le sujet de composition suivant :

La Russie, un pays du Sud ?